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PONY PONY RUN RUN

Club
: DeboutOuverture des portes: 20.00 hrs
Review
Petits savants fous, vous vous demandez sans doute ce que donnerait une somme de toutes les musiques entendues, captées, aimées, détestées, critiquées par un homme durant sa jeunesse. Amateurs de chimie musicale furieuse, vous vous demandez avec une curiosité aigüe comment sonnerait un groupe qui, en vrac invraisemblable, citerait parmi ses influences directes ou indirectes Devo, les Beach Boys, Tortoise, Enya, Telex, Daft Punk, Blur, les Cure, Pavement, Autechre, Plastikman, DMX Krew, Kraftwerk, les Rentals, les Cars, Steve Reich, les Sparks, House Of Pain, Reel 2 Real, Weezer. Et même le zouk.
Ce groupe, totalement dingo et à la culture parfaitement pop, au sens le plus noble et révolutionnaire du terme, existe. C’est Pony Pony Run Run, soit Gaëtan et Amaël -deux frangins- et Antonin. Trois Nantais, et un groupe formé lors de fructueuses études aux Beaux Arts. Ca n’a rien d’innocent : pour eux, la musique et la création se nourrissent de toute chose, sont une pratique totale. Les Beaux Arts. Soulignez le pluriel : Pony Pony Run Run est un groupe multiple. Intelligent, suffisamment brillant et ouvert pour ne pas se poser les mauvaises questions : aucune posture, aucune exclusive, pas de jugement de valeur. Ce qui est bon, un album, une chanson ou un bout de, est bon. Un point c’est tout. « On est des enfants des années 90, expliquent-ils. On écoutait vraiment tout. Notre culture, c’est ce qui passait à la radio, des trucs bons, des trucs un peu choquants. Un mélange de culture dance et de rock, des trucs très mainstream puis des trucs beaucoup plus pointus. On aime tout. On n’a pas de pudeur à dire qu’on a aimé un synthé de No Limit de 2 Unlimited, on ne met pas d’échelle de valeur sur les choses. Etre de bon ton, on ne sait plus ce que c’est. Pas de notion de plaisir coupable chez nous. » Juste celle du plaisir, effectivement. Les Nantais n’ont donc pas une large culture musicale : la leur est, carrément, globale. Ils ont l’obsession de la chanson, du hit. Et des tubes, des grandes chansons, leur premier album You Need Pony Pony Run Run en contient par poignées. Des petites bombes pour petits et grands, pour filles et garçons, des hits protéiformes, qui servent à la fois à se remuer les membres sur des dancefloors en fusion qu’à se secouer les neurones en cocoonant chez soi, qui enflamment tout aussi bien les sens dans la chaude sueur d’un concert qu’au calme dans son canapé. Les Nantais sont capables d’hymnes pour stades qui s’apprécient aussi dans l’intimité, de chansons qui colleront parfaitement aux ondes FM tout autant qu’elles raviront les ayatollahs indie.
Les titres de You Need Pony Pony Run Run, premier album du groupe, sont des fusées intenables et remuantes, hédonistes et jouisseuses, bourré d’une énergie qui ferait verdir de jalousie une centrale EPR. Ils sont plastiques, ou chromés, et rutilants, souvent grandiloquents. Capables de faire retrouver les frissons, innocents et physiques, de l’adolescence béate. Joliment second degré derrière les lignes anglaises et les codes pop internationaux. Ils sont brillants et cracras, synthétiques et un peu lo-fi dans le même temps -on le rappelle, les garçons citent presque en même temps 2 Unlimited et Nirvana dans leurs influences. Mais You Need Pony Pony Run Run ne se contente pas de courses effrénées montées sur pneumatiques aux gaz hilarants : il est également traversé de moments de pur romantisme, de chansons plus calmes, de contrastes marqués, de nuances impressionnantes. Les Nantais repeignent le monde en un immense nuancier clignotant, mais la fine production du grand Frédéric Lo (Daniel Darc, Alex Beaupain, Stephan Eicher…) a appuyé leur volonté de mettre un peu de gris dans leurs pigments éclatants.
L’Europe a déjà, pour partie, chaviré : magie de l’Internet, de la débrouillardise et d’une volonté farouche d’éclater les frontières nationales autant que les bordures musicales, Pony Pony Run Run, grand sur scène, a tourné partout avant même de publier son premier album. « On a fait 120 dates, de Brest à Varsovie en passant par le Benelux, l’Allemagne, l’Espagne, la Hollande, la République Tchèque, la Suisse, l’Italie, etc. On s’est fait sur la route. Ca nous a donné une cohésion, et ça nous a confortés dans l’idée que cette musique était internationale, accessible à tous, dans des codes qui nous semblent universels. » Il se murmure que le groupe aurait été approché pour faire les premières parties internationales d’une Américaine multi-platinée, d’une fille qui a essayé d’embrasser une autre fille et qui a trouvé ça plutôt pas mal -oui oui, celle-là même. Ce n’est donc sans doute qu’un début : Pony Pony Run Run filera bientôt le tournis à Richter, car le séisme pop s’annonce mondial..
Rendez-vous ce 19 décembre! Attendez-vous à une musique énergique, vibrante, des rythmes qui vous feront planer et vous entraîneront sur le Dancefloor du Club.














